Voilà un mois que je ne suis pas venue poser des mots et des images sur cette feuille virtuelle, voilà aussi un bon mois que je ne m'atttarde guère sur la blogosphère, beaucoup s'en seront rendu compte car je ne commente quasiment plus chez personne...

Nécessité de me recentrer, ce qui ne signifie pas me replier sur moi-même...

Creux de la vague, surmenage et grosse fatigue, manque de temps pour TOUT faire et BIEN faire, voilà une autre explication (ou plutôt, une des explications...)

Vie professionnelle et vie de famille avec les hauts et les bas communs à tous et à toutes, pourquoi échapperais-je à la règle ? Des contraintes assorties à des exigences venant de tous côtés et demandant des facultés d'adaptation telles, que je ne suis plus à même d'y faire face avec l'efficacité, la simplicité et l'astuce qui me caractérisent (sans me jeter des fleurs, hé !)

Bon, c'est écrit, c'est clair... Passons à des choses plus intéressantes...

Alors, à la fin de mon article précédent, il était question de draisine... Oui, je me compare à une draisine, c'est pas banal, c'est pas modeste non plus...

Bon, j'explque : pas plus locomotive que wagon, cet engin se promène seul sur les voies ferrées et se meut par ses propres moyens, si je peux dire. C'est ainsi que je me sens : je ne mène pas la danse, je ne lance pas la mode, je ne montre pas la route, pas plus que je ne me laisse tracter par la moindre tendance, ni ne cherche à ressembler à quiconque ou à faire du "Tel-Un" ou du "Tel-Autre"...

A mon rythme, je vais là où le vent me mène, ou plutôt là où mes envies me mènent...

Mes toutes récentes découvertes concernant le filage de la laine et la teinture, m'ont ouvert des horizons insoupçonnés, répondant à mes attentes informulées, inconscientes sans doute, allant bien au-delà de toutes mes espérances.

Enfin je trouve le moyen de faire quelque chose d'unique et de personnel, à ma façon et à mon rythme ! Du bon, du moins bon : difficile d'être satisfaite de son travail quand on débute et qu'on est seule devant un rouet, d'être à l'aise devant un flacon de teinture ou un livre américain traitant des plantes tinctoriales. Mais peu à peu, les choses se mettent en place, les projets se dessinent.

Fidèle à moi-même, indécrottable rêveuse, je multiplie mes recherches, traduisant au passage et pour mon usage personnel, les écrits d'une américaine passée maitresse en ces matières si fascinantes.

J'apprends, j'apprends, encore et toujours j'apprends...

J'apprends surtout à comprendre, car pour retenir, il faut d'abord comprendre : les noms des plantes, les différentes fibres, les techniques etc, etc. Mon esprit n'avait encore jamais évolué sur un tel terrain de jeu ! Il s'y attarde aux heures tardives de la nuit, quand tout est calme dans la maisonnée, quand nul ne viendra plus toquer à la porte de la Gitanie, bref, quand je sais ne déranger personne avec mes passions un tant soit peu hors du commun...

Concernant la teinture par les plantes, c'est décidé, je réserve une partie de mon jardin à leur culture, l'an prochain. Gros travail en amont pour décider quoi mettre, où acheter, comment entretenir, quand cueillir, etc... Un projet qui me porte, qui m'emporte, qui m'apporte !

Concernant le filage, bien plus ancré dans le présent que dans l'avenir, les résultats ne sont pas mauvais : je progresse !

Gramme après gramme, mes filages s'affinent et se font plus réguliers. Ce n'est pas encore tout à fait comme je voudrais, mais je ne cesse de me répéter que n'ayant pas été initiée à l'âge de 12 ans comme pour le crochet, je me dois de rester humble apprentie et me contenter d'avancer à pas menus...

Certes, je suis supposée avoir encore du temps devant moi pour m'améliorer ; ma volonté est grande de mieux faire, de bien faire et la passion est à la hauteur de cette volonté-là...

Pour vous donner une idée :

- J'ai sorti de ma première nappe de mérinos pesant 250 grammes, environ 210 mètres de retors (pas d'inquiétude, je vous explique plus bas les termes en gras)

- La seconde nappe (rose) toujours 250 grammes de mérinos, m'a donné deux écheveaux de retors de 158 mètres (pour 112 grammes) et 210 mètres (pour 128 grammes) J'ai donc filé si mes calculs sont exacts, près de 800 mètres de célibataire...

- La troisième nappe (bleue) est en cours de filage et m'a donné 232 mètres de retors pour 118 grammes, soit si vous m'avez suivie, plus de 400 mètres de célibataire.

Ne soyez pas étonnées, apeurées ou perturbées par mes calculs d'apothicaire, ils sont sérieux : le rapport poids/mesure est pour moi d'une grande importance car c'est la jauge qui me permet de savoir si je suis en progrès, si j'ai (assez) bien travaillé...

Une trouvalle fondamentale pour moi après ma rencontre "vraie" avec Mireille, fileuse chevronnée, c'est la vidéo de Rita Buchanan : How I spin qui m'a offert une vision tout à fait décontractée du monde du filage et a levé le voile sur certains de ses aspects encore très nébuleux pour moi...

Ces presque 3 heures de démonstrations, de conseils, de partage d'astuces, de techniques et de points de vue, sur un ton aussi encourageant qu'enjoué, m'ont totalement conquise et je conseille ce DVD comme un outil des plus précieux et utiles. Pas toujours facile à comprendre car Mme Buchanan est très volubile et parle vite, mais il suffit de regarder attentivement, de refaire ses gestes et on finit par saisir la substantifique moelle de ses propos... Grâce à elle, je sais à présent comment m'y prendre pour faire un retors bien équilibré, par exemple...

C'est aussi Rita Buchanan qui "m'aidera" à créer mon jardin de plantes tinctoriales :

LIVRE_RITA_BUCHANAN

Ce petit livre est pour moi aussi précieux qu'un trésor. Pardi ! Quand on n'a pas les bonnes personnes autour de soi, il faut aller les chercher sur papier glacé ou vagabonder sur la toile jusqu'à ce qu'on les trouve... En ce qui me concerne, je crois bien que j'ai poussé la bonne porte...

Un peu en vrac, à présent, des photos de mes dernières aventures-filage :

COMMANDE_AUX_LAINES_DU_MOUCHON

Ma deuxième commande aux Laines du Mouchon : de quoi teindre, filer, tricoter et/ou crocheter pour les mois à venir !

118_GRAMMES_DE_MERINOS_RETORDU

Entre la photo précédente et celle ci-dessus, il manque quelques étapes... J'aurais dû y penser avant de faire cet article, cela aurait peut-être été plus clair que ce que je vais tenter de vous expliquer à présent.

De manière très synthétique : on file d'abord deux bobines de fils nommés célibataires qu'on va retordre ensemble. Ce qui donnera ce que vous voyez sur la photo ci-dessus : le retors.

Ce retors est mis en écheveau pour procéder au blocage de la laine.

Trempage en eau chaude avec détergent vaisselle (moi, j'utilise toujours du Mir, souvenir de ce spot publicitaire : "Mais Georges, ça fait aussi les lainages !"... Je me demande si l'ami Google est cap' de me le retrouver, ce spot !)

BLOCAGE_DE_LA_LAINE

Donc, mes écheveaux trempés, rincés, manipulés avec précaution vont prendre le temps de sécher. La photo est de ce matin, les fils sont sur l'étendoir à l'heure où je tape sur mon clavier.

Demain, je les mettrai en pelotes. Voici à quoi ils ressembleront plus ou moins :

112_GRAMMES_DE_MERINOS

112 grammes de mérinos (= 158 mètres) 1ère moitié de la nappe rose.

Un grand mystère subsiste : à quoi ressembleront ces fils une fois tricotés ? Quels modèles seront appropriés aux irrégularités de mes filages, serviront soit à les masquer, soit à les mettre en valeur ?

Pas assez sûre de moi, je n'ose encore y penser, je rentre la tête dans les épaules et passe à autre chose... Jusqu'au moment où... Inutile de s'échiner et de se forcer tant qu'on n'est pas sûr de soi, à mon avis...

Côté petits ouvrages, quelques bricoles à mon actif :

CHALE_ARMORIQUE

Début du châle Armorique, création d'Eclat du Soleil.

Laine de mérinos teintée main et baptisée "Burned" par Florence, des Laines du Mouchon. La photo ne rend pas bien compte du mélange des couleurs à la fois sombres et chaudes. Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois.

OEILLET_PORTE_DE

Quelques oeillets porte-dé à offrir prochainement.

J'avais trouvé ce modèle dans le livre "Ma petite mercerie" et l'avais déjà plusieurs fois décliné à ma façon car une partie des explications ne me convenait pas, comme toujours... Au hasard de mes promenades sur la blogo, j'ai trouvé la fiche d'époque et je n'hésite pas à vous communiquer le lien ici et le blog, là...

Il ne me reste qu'à souhaiter à celles qui ne sont pas encore parties, de belles, bonnes et reposantes vacances à venir, à celles qui sont déjà revenues bon courage pour la suite de l'été ; quant à celles qui sont au loin et ne me liront pas, mes pensées bienveillantes...

Bises à toutes, bises à tous (en petit nombre, les messieurs, mais seule la qualité compte !)

A un de ces jours pour de nouvelles histoires, Si Dios Quiere !