Ah ! Bah... ce n'est pas évident de reprendre le cours des choses après plus d'un an d'absence sur la blogo !

Mais aujourd'hui, après bien des hésitations et des envies repoussées sous des prétextes plus fallacieux les uns que les autres, je me suis souvenue de cette citation de Sénèque :

" Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas ; c'est parce que nous n'osons pas qu'elle sont difficiles."

En effet, elle est où, la difficulté, franchement, sinon dans mon imagination ?

Donc, plus de tergiversations, il est grand temps de remettre ce blog à jour, quitte à ne plus être lue par les copines de la vie "d'avant", parce que tout ça, j'en ai bien conscience, ça va, ça vient, ça ne s'accroche pas, n'est-ce-pas ?

Bon, on va faire un petit bilan chronologique et photographique des ouvrages réalisés depuis octobre 2013, ça sera tellement plus (ou mieux) parlant...

Octobre, novembre et décembre 2013 :

 

PLAIDS

Deux nouveaux plaids  "petits carrés" terminés (sauf les fils à rentrer) Ce sont, je crois les 9ème et 10ème de la série.

 

ECHARPE BABA

Écharpe Béatrice

Octobre rose, vous connaissez, bien sûr ? Alors, je ne vous explique pas... C'est en pensant très fort à ma soeur que j'ai tricoté cette petite écharpe, aux points ajourés empruntés aux emmanchures d'un gilet raglan et agrémentés à ma sauce. Echarpe envoyée à Rennes, pour ma soeur prénommée Béatrice, vous aviez compris...

 

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Les premières chaussettes tricotées par moi et portées tout l'hiver ! Explications achetées sur Ravelry, chez Dodile.

 

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Gilet Alexine.

Inspiré par une liseuse tricotée il y a 60 ans environ par ma mère, en cadeau pour sa mère... Maman a relevé le point sur le modèle original qu'elle a conservé avec soin, me l'a expliqué et j'en ai fait ce gilet tube, que j'ai baptisé Alexine, petit nom de ma grand-mère, prénommée Alexandrine.

 

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Écharpe Juliette, cadeau pour ma mère

Un point ajouré aussi simple qu'intéressant à tricoter. Là encore, Maman a relevé le point sur le modèle original, un gilet tricoté par sa soeur aînée. J'ai baptisé cet ouvrage du prénom de ma tante, à qui je dois, de même qu'à ma mère, des heures bienheureuses passées à la réalisation de cet ouvrage.

 

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Une écharpe pour Nina, point mousse, aiguilles n°8, un ouvrage réalisé à grande vitesse.

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Inspiré par les chauffe-épaules de La Festéolienne. Restes de laine Rico Aran Poems.

 

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Chauffe-épaules Baba, offert à ma soeur, entièrement réalisé avec des restes de laines de toutes catégories, dont une fin de pelote au rose tweedé improbable, tout juste bon à faire "saigner" les yeux. Et pourtant, ce ton marié aux restes d'Aran Poems, est bien loin de déparer l'ensemble...

 

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Souvenir des années 80, les fiches Phildar, trésor perdu et retrouvé au détour d'un site de vente d'objets d'occasion. Des gilets que j'aimerais réaliser et porter, tous sans exception ! Un jour, peut-être...

 

Année 2014 :

Chez nous, cette année sur le point de s'achever a été placée sous la double Conjonction des Astres et Désastre ( aïe, aïe, aïe, quel mauvais jeu de mots !) Au singulier quand même, le mot Désastre, pas plus d'un à la fois, hé !

 

Conjonction des Astres, pour commencer, car c'est le meilleur...

Le 9 août dernier, jour de la Saint Amour, Laëtitia et Romain se sont mariés, je crois avoir évoqué l'évènement dans un précédent article. Ce fut une journée parfaite, Magique, je n'exagère pas. 

Du bonheur, des moments forts, inoubliables et riches de partage, d'amitié, de retrouvailles...

mariage 2

Je n'ai pas demandé aux époux l'autorisation de publier ce petit montage, j'espère qu'ils ne m'en tiendront pas rigueur.

En ce jour béni, FatalChantal ne cache pas sa joie, ni sa fierté, comme en témoigne la photo en bas, à gauche...

 

Poursuivons à présent, avec la présentation des ouvrages réalisés en ce début d'année, toujours sous la Conjonction des Astres, si vous m'avez suivie jusqu'ici !

CROCHET

 Une série d'écharpes au crochet en Drops Delight et une pochette pour ranger mes aiguilles circulaires crochetée avec divers restes de laine.

 

PLAID ARPA

"Chantal aux carrés"... ou "Chantal ²"

Plaid à 4 mains : nous étions deux Chantal à le réaliser, ce qui explique son nom. Il est destiné à l'association à laquelle nous sommes adhérentes, pour la vente d'automne lors du Forum. J'ai appris à ma copine Chantal à faire du crochet afin de réaliser ce plaid ensemble. Je salue sa patience, sa bonne volonté et son éternel et si chaleureux sourire !

 

ECHARPE ARPA

Toujours pour l'association, une écharpe en laine au violet improbable, mais qui, marié à un violet plus violent encore, a fini par tirer son épingle du jeu, si j'ose dire !

SAC NINA

Sac pour Nina, modèle créé par Éclat du Soleil et proposé chez Annette Pétavy. Facile et rapide à réaliser : une aubaine si vous avez des restes de  laine !

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Un sac bien digne de la Gitanie de FatalChantal, non ? Celui-ci, je l'ai gardé pour moi...

Construit comme le sac au crochet de Nina, vu plus haut : un rectangle de tissu acheté au Bazar de Roulottes (que je ne pouvais me résoudre à couper) plié en deux, une couture de chaque côté, doublure en vieux drap, fronces en haut pour une ouverture pas trop béante, des anses en tissu contrasté, et voilà le travail !

Bon, j'arrête-là l'exposition des ouvrages du 1er semestre, mais il y en a d'autres que je n'ai pas eu le courage de photograpier pour le moment...

Parce que voilà... On arrive au paragraphe Conjonction Désastre, qui au moment où je l'aborde, soulève en moi une vague d'émotion que je n'avais pas prévue... Pourtant, tout va bien, tout va très bien, Madame la Marquise !

Venons-en au fait : le samedi 31 mai 2014, entre 19 heures et 19 heures 30, comme ça, tranquillement, dans la cuisine, à l'heure du Jurançon doux/cacahuètes, L'Homme m'a annoncé son désir de divorcer. Il a trouvé un appartement, il n'en peut plus de la campagne, de la maison (il ne dit pas "de nous", il n'ose pas s'enfoncer davantage face à La FatalChantal, peut-être ?)

Inutile de vous dire que ce samedi soir-là, il n'y a pas eu d'apéro au Mousse ! Et on a bien failli périr noyés, les enfants et moi, dans nos larmes associées...

Et ça fait "tout drôle", pour parler avec pudeur...

Et le 8 juin, une semaine après, L'Homme était parti...

Tout ce bazar, c'est connu, archi-connu, battu et rebattu par les médias en tous genres, les collègues, les copines, les copains, les membres de la famille qui ont connu et traversé l'épreuve. Mais ce qu'on ne sait pas encore, ce à quoi on n'a été en aucune façon préparé, c'est comment ça fait, en dedans de soi, quand ça arrive à SOI ! (j'insiste sur l'intime, le personnel, parce que là, on est vraiment tout seul avec les montées d'adrénaline, les descentes dans le chagrin et la solitude, oui on est seul(e)...)

Bon, je passe sur les mois qui ont suivi : torrents de larmes, colère, rancoeur, haine (parfois) insultes (hélas !) sentiment d'abandon, de frustration, d'échec, dégoût de soi, de l'autre, de tout, une palette bien garnie de tous les sentiments positifs, négatifs, paradoxaux et contradictoires...

Mais je ne peux passer par-dessus le coeur, l'intelligence, la bonté, la patience, la finesse, la générosité sans limites de celles et ceux qui m'ont écoutée, écrit, accompagnée, épaulée, consolée, entourée de leurs bras, de leur amour, de leur amitié, de leur affection, de leurs pensées.  Qui ne m'ont pas laissée seule, eux !

Tout l'or du monde ne saurait leur rendre ce qu'ils m'ont apporté durant ces longs mois d'un été torride que j'ai vécu "le coeur en hiver". Qu'ils en soient tous remerciés ici et maintenant, publiquement. Je sais qu'ils me liront.

Aujourd'hui, très franchement, je vais mieux, et même parfois, je me surprends à aller bien...

Inconsolable et gaie, je ne vois pas d'autre manière de me décrire.

Et à ce jour, je peux déclarer : "Enterrée, la hache de guerre ; fumé, le calumet de la paix !" Question d'intelligence... Du coeur ? Du cerveau ? Ou des deux conjugués ?

En effet, L'Homme et moi, nous tentons de rester en lien, voire de rester amis, mais je ne me fais aucune illusion sur cette amitié-là, je suis tombée de si Haut que je ne peux plus livrer sans méfiance mon coeur à celui-là même qui a été mon compagnon durant 27 ans (dont 25 années mariés, nous aurions dû les fêter le 30 septembre dernier... re-larmes) et qui a tout quitté pour...

Non, vous ne saurez pas, parce que là encore, la FatalChantal, a pu et su tourner la page, a essayé de comprendre et a admis l'inadmissible... Comprendre le désarroi, l'emballement des coeurs, les rêves de ceux qui tombent brusquement "amoureux de l'idée de l'amour" et ne savent qu'en faire quand la dure réalité du quotidien les rattrape. Pour pouvoir avancer dans ma "nouvelle" vie, il me fallait comprendre, admettre et enfin communiquer. C'est fait. C'était une étape importante à franchir. D'autres que moi se nourrissent de provocation, de vengeance, de haine, de colère, que sais-je encore ; ce n'est que négatif et bien plus destructeur que l'épreuve elle-même. Et ce n'est pas pour moi, tout ça...

Je ne peux concevoir d'ajouter du chagrin au chagrin, c'est comme ça que je suis, c'est comme ça que j'entends rester, jusqu'au bout de ma vie. Je prends le risque de passer encore pour une imbécile, et que dans mon dos se trament des choses pas belles qui m'abattront à nouveau et me ridiculiseront encore ; je ne changerai ni ma personnalité, ni mon comportement. Je suis fière, orgueilleuse de QUI je suis, même si certains voient en moi exactement le contraire (ils voient ce qu'ils ont envie de voir et je n'y peux rien)

 

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Bon, il va falloir conclure à présent...

Avant de refermer cette page virtuelle, j'aimerais partager avec vous cette scène du film Zorba le Grec (cliquez ici pour voir la vidéo) inspiré de l'excellent roman Alexis Zorba de Nikos Kazantzaki :

Après une histoire d'amour fatale, après le ratage d'un projet d'exploitation minière, le Patron a tout perdu, c'est la débâcle...  Sur la plage, Zorba et le Patron dialoguent.

Zorba : (...) tu as tout ce qu'il te faut, excepté une chose : la folie ! L'homme doit avoir un brin de folie ou alors il n'ose jamais couper la corde et être libre"

Hésitant, le Patron se lève et lui répond : Apprends-moi à danser, tu veux ?

Zorba : Danser, tu as dit danser ? Viens là, mon petit gars !

S'ensuit un sirtaki endiablé avec profond salut à la terre, salut au ciel et au soleil, éclats de rire...

Au cours de la danse, Zorba ajoute, à propos de la mine: Eh, patron, est-ce que tu avais déjà vu un plus splendide désastre ?

 

Voilà, ça c'est le lâcher prise, l'abandon : tout le contraire de l'idée qu'on s'en fait habituellement. Tellement plus constructif et apaisant !

Et puis, pour en terminer une bonne fois pour toutes avec la Conjonction Désastre du 31 mai 2014, je me permets de paraphraser Montaigne qui écrivit à propos de sa relation avec La Boétie : "parce que c'était lui, parce que c'était moi".

Avec L'Homme, nous nous sommes rencontrés, aimés, avons fondé une famille, surmonté bien des épreuves, "parce que c'était lui, parce que c'était moi"... Puis notre relation s'est défaite, nous nous sommes séparés, "parce que c'était lui, parce que c'était moi"...

Allons, j'espère ne pas vous avoir trop barbées avec mes histoires et que malgré tout vous avez apprécié les quelques ouvrages présentés.

Je vous souhaite une bonne fin de journée ; je vais bien, ne vous en faites pas ! (je reviens bientôt avec d'autres photos d'ouvrages qui se sont succédé après mon "tsunami affectif", et comme vous vous en doutez, d'autres papotages à l'emporte-pièce sur des sujets bien moins intimes !